Après avoir vécu une violence sexuelle, il n’est pas toujours facile de retrouver une relation apaisée à son corps, à son énergie, à son intimité ou à sa sexualité.
Le corps peut continuer à porter des traces de ce qui s’est passé : tensions, sensations difficiles à comprendre, sentiment de déconnexion, difficulté à habiter son corps, à poser ses limites ou simplement à se sentir en sécurité dans son propre espace.
L’accompagnement proposé ici offre un espace où la personne peut avancer à son propre rythme, sans avoir à raconter ce qu’elle n’est pas prête à raconter.
Le travail associe verbalisation, exercices corporels et retour aux sensations, avec pour objectif de permettre progressivement de retrouver des repères, du choix et une relation plus personnelle à son corps.
Une précision essentielle avant tout
Cet accompagnement ne constitue pas une prise en charge psychothérapeutique du traumatisme et ne remplace pas un suivi médical, psychologique ou psychiatrique lorsque celui-ci est nécessaire.
Les violences sexuelles peuvent avoir des conséquences importantes sur la santé physique et psychique. Lorsque la situation le nécessite, un accompagnement complémentaire auprès d’un psychologue, d’un psychiatre, d’un médecin ou d’une structure spécialisée peut être indispensable.
Le travail proposé ici s’inscrit dans une démarche d’accompagnement corporel et de bien-être, en complément des prises en charge adaptées.
Il ne s’agit jamais de rechercher ou de faire émerger des souvenirs, ni de revivre volontairement l’expérience traumatique.
Vous n’avez pas à raconter votre histoire pour être accompagné.
Vous n’avez pas à raconter ce qui s’est passé
C’est probablement l’une des choses les plus importantes à savoir avant de venir.
Vous n’êtes jamais obligé de décrire les violences que vous avez vécues, ni de donner des détails sur les circonstances, l’auteur, les gestes ou les événements.
Vous pouvez simplement dire ce dont vous avez besoin aujourd’hui.
« Je ne me sens plus bien dans mon corps. »
« J’ai du mal avec le contact. »
« Je voudrais retrouver une relation plus apaisée avec ma sexualité. »
« Je ne sais pas exactement ce qui ne va pas, mais je sens que quelque chose a changé. »
Cela suffit pour commencer.
Le travail ne consiste pas à enquêter sur ce qui s’est passé, mais à partir de ce que vous ressentez aujourd’hui et de ce que vous souhaitez retrouver.
Respecter votre rythme, avant tout
Après une violence sexuelle, le corps peut avoir appris à se protéger de différentes manières : se figer, se couper de ses sensations, être constamment en alerte, éviter certaines situations ou au contraire avoir du mal à identifier ses propres limites.
Il n’existe pas de rythme universel pour retrouver un sentiment de sécurité.
Ici, rien n’est imposé.
Vous pouvez refuser un exercice, modifier une proposition, demander une pause ou arrêter la séance à n’importe quel moment.
Le consentement n’est pas seulement demandé au début de la séance : il est présent tout au long de l’accompagnement.
Ce sur quoi le travail peut porter
L’accompagnement peut permettre d’explorer progressivement différentes dimensions :
- Retrouver des sensations. Réapprendre à sentir son corps sans chercher à modifier immédiatement ce qui est ressenti.
- Identifier ses limites. Observer ce qui est confortable, inconfortable, possible ou impossible, et retrouver la capacité à dire oui, non ou pas maintenant.
- Sortir progressivement de la déconnexion corporelle. Certaines personnes ont développé une forme de distance avec leur corps pour pouvoir traverser ce qu’elles ont vécu. Le travail peut aider à retrouver une présence corporelle choisie et sécurisante.
- Retrouver son énergie. Revenir à ses sensations, à sa respiration, à son mouvement et à ce qui procure de la vitalité.
- Se réapproprier son corps. Passer progressivement d’un corps vécu comme un lieu de contraintes, de peur ou de souvenirs à un corps qui peut redevenir un espace personnel.
- Réinvestir l’intimité et la sexualité. Lorsque la personne le souhaite, réfléchir à ce qui lui appartient aujourd’hui dans sa relation à l’intimité, au désir, au plaisir et au contact.
- Retrouver du choix. Pouvoir décider de ce que l’on accepte, de ce que l’on refuse et de la manière dont on souhaite être touché ou accompagné.
Il ne s’agit pas de retrouver un « avant » ni de répondre à une quelconque norme concernant le corps ou la sexualité.
L’objectif est de retrouver ce qui vous appartient à vous.
La verbalisation
La parole peut avoir sa place dans les séances, mais elle n’est jamais une obligation.
Elle permet notamment de mettre des mots sur ce qui est ressenti dans le présent : une sensation, une limite, une émotion, une difficulté, une envie ou au contraire une absence d’envie.
Nous pouvons parler du corps sans parler de la violence elle-même.
Vous pouvez également choisir de ne pas parler et de rester davantage dans le travail corporel.
La parole s’adapte au corps, et non l’inverse.
Le travail corporel
Les exercices proposés sont simples et progressifs.
Ils peuvent s’appuyer sur la respiration, le mouvement, les appuis au sol, la perception des différentes parties du corps, les sensations de chaleur ou de tension, ou encore la capacité à choisir consciemment un mouvement.
Le but n’est jamais de forcer une sensation ni de provoquer une réaction émotionnelle.
Nous cherchons plutôt à créer des expériences corporelles dans lesquelles vous gardez le contrôle et le choix.
Parfois, le simple fait de pouvoir dire « stop », de choisir de reculer, de changer de position ou de décider comment être approché constitue déjà une expérience importante.
Revenir au corps pour se le réapproprier
Après une violence sexuelle, le corps peut parfois être vécu comme quelque chose qui ne nous appartient plus complètement.
Le travail corporel propose alors un chemin inverse : revenir progressivement à ses sensations, à ses limites, à son énergie et à ses choix.
Il ne s’agit pas d’effacer ce qui s’est passé.
Il s’agit de permettre au corps d’être à nouveau vécu comme votre corps, dans le présent.
Un corps que vous pouvez écouter.
Un corps dont vous pouvez respecter les limites.
Un corps que vous pouvez habiter à votre manière.
Et la sexualité ?
La sexualité n’est jamais un objectif obligatoire de l’accompagnement.
Certaines personnes souhaitent retrouver du désir ou du plaisir. D’autres veulent simplement pouvoir supporter le contact, retrouver une relation plus apaisée avec leur corps ou se sentir à nouveau en sécurité dans leur intimité.
Il n’y a aucune direction imposée.
La sexualité peut être abordée uniquement si vous souhaitez en parler, et toujours dans le respect de vos limites.
Il ne s’agit pas de « redevenir comme avant », mais de pouvoir progressivement définir ce que sont aujourd’hui votre intimité, votre désir, votre plaisir et vos choix.
Un premier entretien, sans engagement
Compte tenu de la nature particulière de cet accompagnement, une première rencontre ou un entretien préalable est proposé avant toute séance corporelle.
Il permet de faire connaissance, de comprendre ce que vous recherchez et de vérifier ensemble que cet accompagnement correspond à vos besoins.
Vous n’avez pas à raconter votre expérience traumatique.
Nous pouvons simplement parler de votre situation actuelle, de ce qui est difficile pour vous et de ce que vous aimeriez retrouver.
Si votre situation nécessite un accompagnement psychologique ou médical spécialisé, je pourrai vous inviter à vous rapprocher d’un professionnel ou d’une structure adaptée.
Comment se déroule une séance ?
Chaque séance est construite en fonction de votre état du moment.
Elle peut associer :
- un temps de parole
- des exercices de respiration ou de présence corporelle
- des mouvements doux
- un travail autour des appuis et des limites
- un temps d’écoute des sensations
- un retour au calme et à l’intégration
Le contact physique n’est jamais automatique.
Lorsqu’un toucher est proposé, il est expliqué et soumis à votre accord. Vous pouvez changer d’avis à tout moment.
Une séance peut également être entièrement réalisée sans contact physique.
Questions fréquentes
Dois-je raconter ce que j’ai vécu ?
Non. Vous n’avez pas besoin de raconter les violences sexuelles que vous avez subies. Nous pouvons travailler à partir de ce que vous ressentez aujourd’hui.
Est-ce que je vais devoir parler de sexualité ?
Non. La sexualité n’est abordée que si vous souhaitez l’aborder.
Est-ce qu’il y aura du toucher ?
Pas nécessairement. Le contact physique est toujours proposé, jamais imposé, et votre consentement peut être retiré à tout moment.
Et si je ne sais pas dire ce que je veux ?
C’est justement quelque chose qui peut être travaillé progressivement. Nous pouvons prendre le temps d’identifier ce qui vous convient, ce qui ne vous convient pas et ce dont vous avez besoin, sans avoir à trouver immédiatement les bons mots.
Est-ce que cet accompagnement peut remplacer une thérapie ?
Non. Il peut être complémentaire d’un suivi psychologique ou médical, mais ne le remplace pas.
Est-ce que je dois être « prêt » à travailler sur mon traumatisme ?
Non. Il n’est pas nécessaire de vouloir travailler directement sur le traumatisme. Nous pouvons simplement partir du présent, du corps et de ce que vous souhaitez retrouver aujourd’hui.
Et si une émotion ou une sensation devient trop importante ?
Nous ralentissons ou nous arrêtons. Il n’y a rien à réussir ni à aller chercher. Votre sécurité et votre sentiment de contrôle passent avant le déroulement prévu de la séance.
Demander un entretien préalable
Si vous souhaitez en savoir davantage ou vérifier si cet accompagnement peut vous convenir, vous pouvez demander un premier entretien sans engagement.
Vous pourrez simplement expliquer ce que vous recherchez aujourd’hui, sans avoir à raconter ce que vous avez vécu.
Demander un entretien préalable
Ici, vous n’avez rien à prouver, rien à raconter et rien à revivre.
Le travail commence là où vous êtes, avec votre rythme, vos limites et vos choix.