« Mais pourtant, il était propre ! »
« Il pleure tous les matins au moment où je le laisse à l’école… »
« À la maison, tout va bien. Mais dès qu’on arrive devant la classe, c’est la catastrophe. »
La rentrée scolaire est souvent présentée comme une grande étape.
Un nouveau cartable.
Une nouvelle classe.
De nouveaux copains.
Une nouvelle maîtresse.
Et pour les parents, parfois aussi, une certaine fierté de voir son tout-petit devenir « grand ».
Mais pour l’enfant, particulièrement lorsqu’il entre à l’école autour de 3 ans, cette rentrée peut représenter un immense changement.
Et si les pleurs au moment de la séparation n’étaient pas un caprice ?
Et si, au contraire, ils étaient simplement le signe que votre enfant a encore besoin de temps pour apprivoiser cette nouvelle étape ?
Quand un tout-petit doit apprendre à se séparer
À trois ans, un enfant est encore un tout-petit.
Même lorsqu’il sait mettre ses chaussures.
Même lorsqu’il mange seul.
Même lorsqu’il va aux toilettes.
Même lorsqu’il vous répète fièrement :
« Je suis grand maintenant ! »
Il a encore profondément besoin de sécurité, de repères et de la présence rassurante de l’adulte.
Alors imaginez ce que représente, pour lui, le fait de quitter son parent le matin pour rester plusieurs heures dans un nouvel environnement.
Il doit faire confiance.
Il doit s’adapter.
Il doit comprendre que son parent part… mais qu’il va revenir.
Et surtout, il doit progressivement apprendre à traverser l’émotion de la séparation sans la présence immédiate de son adulte de référence.
Ce n’est pas rien.
Et si le corps avait lui aussi quelque chose à nous raconter ?
Dans mon approche psychocorporelle, je m’intéresse particulièrement au lien entre le corps, les sensations et les émotions.
Et chez le jeune enfant, certaines grandes étapes de développement peuvent justement nous inviter à observer ce lien.
Prenons l’acquisition de la propreté.
Pour devenir propre, l’enfant apprend progressivement à sentir ce qui se passe dans son corps.
Il découvre ses sensations.
Il apprend à reconnaître l’envie.
Il développe le contrôle de sa musculature périnéale.
Il expérimente.
Il réussit.
Il y a parfois des accidents.
Puis, petit à petit, il gagne en autonomie.
Son corps apprend quelque chose de nouveau.
Mais ce n’est pas uniquement une histoire de muscles.
Cette étape demande également à l’enfant de développer de nouvelles capacités d’attention, de perception et de régulation.
Et tout cela demande de l’énergie.
Le périnée, la sécurité… et le chakra racine
Dans certaines approches énergétiques, le périnée et la zone située à la base du corps sont associés au chakra racine, ou Muladhara.
Dans cette lecture symbolique et énergétique, le chakra racine est notamment relié aux notions de sécurité, d’ancrage, de stabilité et de confiance.
Cela fait particulièrement écho à ce que traverse un jeune enfant.
Car à trois ans, la question de la sécurité reste essentielle.
Suis-je en sécurité ?
Est-ce que maman ou papa va revenir ?
Est-ce que je peux faire confiance à ce nouvel adulte ?
Est-ce que je peux rester ici sans mon parent ?
Est-ce que je connais suffisamment cet endroit pour m’y sentir bien ?
Ce sont des questions que l’enfant ne formule pas nécessairement avec des mots.
Mais son corps, lui, peut parfois les exprimer.
Il vient d’apprendre à maîtriser son corps… et on lui demande maintenant de maîtriser ses émotions
C’est peut-être là que nous pouvons porter un autre regard sur la rentrée.
Votre enfant vient de franchir une étape importante :
il a appris à mieux contrôler son périnée et à devenir progressivement autonome dans l’acquisition de la propreté.
Et voilà qu’on lui demande maintenant une autre forme de maîtrise :
rester à l’école sans papa ou maman.
Se séparer.
Attendre.
Patienter.
Faire confiance.
Retenir ses larmes.
S’adapter à un nouveau rythme.
Vivre avec de nouvelles règles.
Et parfois même… ne pas pleurer devant les autres.
Mais peut-on réellement demander à un tout-petit de contrôler ce qu’il ressent ?
Une émotion n’est pas un bouton que l’on peut éteindre
Lorsque nous vivons une émotion, notre corps réagit.
Le rythme cardiaque peut changer.
La respiration peut se modifier.
Le tonus musculaire peut évoluer.
Certaines hormones et différents mécanismes physiologiques peuvent également entrer en jeu.
Et tout cela n’est pas quelque chose que l’on décide simplement avec sa volonté.
Chez l’adulte déjà, la régulation émotionnelle demande du temps et de l’apprentissage.
Alors chez un enfant de trois ans…
Il est peut-être simplement en train d’apprendre.
Il n’a pas encore toutes les ressources pour traverser seul une émotion intense.
Il a besoin de l’adulte pour co-réguler ce qu’il ne sait pas encore réguler par lui-même.
Alors, en attendant qu’il « muscle » progressivement ses capacités émotionnelles…
Et si on lui laissait un peu de temps ?
Mais alors, pourquoi certains enfants pleurent-ils beaucoup plus que d’autres ?
Parce que chaque enfant arrive à l’école avec son propre parcours.
Son histoire.
Ses expériences.
Ses repères.
Et parfois, certaines expériences de vie peuvent rendre la séparation particulièrement sensible.
Une naissance vécue comme traumatique.
Une séparation imposée très tôt après la naissance.
Une hospitalisation.
Une séparation avec l’un des parents.
Une séparation parentale ou un divorce.
Un changement important dans la famille.
Le départ d’une personne importante.
Ou tout simplement…
la séparation récente avec les copains de la crèche ou avec la personne qui gardait l’enfant jusqu’alors.
Pour un adulte, cela peut sembler être « juste la rentrée ».
Pour l’enfant, cela peut représenter plusieurs séparations en même temps.
Il ne quitte pas seulement son parent le matin.
Il quitte parfois aussi un lieu connu.
Des habitudes.
Une personne qui s’occupait de lui.
Des petits copains.
Un environnement dans lequel il avait construit ses repères.
« Mais il pleure uniquement à l’école… »
C’est une remarque que l’on peut facilement entendre.
Et elle est intéressante.
Car certains enfants peuvent sembler parfaitement bien à la maison.
Ils jouent.
Ils rient.
Ils mangent.
Ils dorment.
Et pourtant, au moment de franchir la porte de l’école :
les larmes arrivent.
Cela ne signifie pas forcément que l’école est « mauvaise » pour eux.
Cela peut simplement signifier que la séparation est encore difficile à vivre.
L’enfant peut avoir besoin de temps pour intégrer que son parent peut partir sans disparaître.
Que la séparation est temporaire.
Que l’adulte revient.
Que l’école peut devenir un lieu sécurisant lui aussi.
Et surtout, qu’il peut vivre cette émotion sans avoir à en avoir honte.
Alors, faut-il simplement attendre que ça passe ?
Pas forcément.
Parce qu’il est aussi possible d’accompagner l’enfant dans cette transition.
De chercher à comprendre ce qui se joue derrière les pleurs.
De lui permettre d’exprimer ce qu’il ne sait pas encore mettre en mots.
Et parfois, de passer par le corps lorsque les mots ne suffisent pas.
C’est justement ce que je propose lors des consultations psychocorporelles avec les enfants.
Une consultation psychocorporelle pour accompagner les émotions de l’enfant
Lors d’une séance, je prends le temps d’accueillir l’enfant tel qu’il est.
Il n’est pas question de lui demander immédiatement :
« Pourquoi tu pleures ? »
Parce qu’à trois ans, il ne sait pas forcément répondre.
Et parce que certaines choses se vivent avant de pouvoir se raconter.
Nous pouvons alors observer ensemble :
- les sensations corporelles ;
- les émotions présentes ;
- les réactions du corps ;
- ce qui semble déclencher l’inconfort ;
- les situations de séparation ;
- les changements récents dans la vie de l’enfant ;
- les expériences qui peuvent encore résonner pour lui.
Puis, selon son âge, son rythme et ce qu’il est capable d’accueillir, nous pouvons expérimenter différents outils psychocorporels.
Le jeu peut avoir une place importante.
Le mouvement aussi.
La respiration.
Les sensations.
La mise en mots.
L’imaginaire.
Et parfois certaines propositions issues de l’approche énergétique.
Il ne s’agit pas de forcer l’enfant à ne plus pleurer.
Il s’agit plutôt de lui permettre de trouver progressivement ses propres ressources pour traverser ce qu’il vit.
Et si les pleurs étaient simplement une décharge ?
Nous avons parfois tendance à vouloir faire taire les pleurs.
« Ne pleure pas. »
« Tout va bien. »
« Tu n’as aucune raison d’avoir peur. »
« Allez, sois courageux ! »
Pourtant, pleurer peut aussi être une manière pour le corps de relâcher une tension émotionnelle.
Alors peut-être pouvons-nous changer légèrement notre regard.
Au lieu de chercher immédiatement à faire disparaître les pleurs :
pouvons-nous aider l’enfant à traverser ce moment ?
Être là.
Nommer ce qui se passe.
Mettre des mots sur la séparation.
Rassurer.
Créer des repères.
Accepter que l’émotion existe.
Et lui rappeler, encore et encore :
« Tu peux être triste. Je vais partir. Et je vais revenir. »
La rentrée est une transition, pas une course
Chaque enfant avance à son propre rythme.
Certains vont entrer dans la classe en courant.
D’autres vont avoir besoin de plusieurs semaines pour se sentir réellement à leur place.
Certains vont pleurer le premier jour.
D’autres vont pleurer après quelques jours, lorsque l’excitation de la nouveauté sera retombée.
Certains ne pleureront pas devant leurs parents mais exprimeront leur tension autrement :
davantage de colère à la maison.
Des difficultés d’endormissement.
Des réveils nocturnes.
Une plus grande demande de proximité.
Des régressions.
Des accidents de propreté.
Ou simplement…
un enfant qui semble « à fleur de peau ».
Là encore, il n’est pas question de tirer des conclusions trop rapidement.
Un symptôme ou un changement de comportement peut avoir de nombreuses causes et, lorsque cela est nécessaire, il est important d’en parler avec le professionnel de santé adapté.
Mais ces changements peuvent aussi nous inviter à nous poser une question toute simple :
« Qu’est-ce que mon enfant est en train de traverser ? »
Et si nous arrêtions de leur demander d’être grands trop vite ?
Il y a parfois un paradoxe dans notre regard sur les tout-petits.
Nous sommes heureux lorsqu’ils deviennent autonomes.
Lorsqu’ils vont aux toilettes seuls.
Lorsqu’ils s’habillent.
Lorsqu’ils dorment sans nous.
Lorsqu’ils entrent à l’école.
« Ça y est, il est grand ! »
Mais devenir autonome ne signifie pas ne plus avoir besoin de sécurité.
Un enfant peut être propre et avoir encore besoin d’être rassuré.
Il peut être autonome dans son quotidien et avoir encore besoin d’un adulte pour traverser une émotion.
Il peut aimer l’école et pleurer au moment de la séparation.
Il peut être heureux et vivre une grande inquiétude.
Les émotions ne sont pas toujours logiques.
Et surtout…
elles ne se commandent pas.
Accompagner plutôt que forcer
C’est peut-être cela que nous pouvons offrir à nos enfants pour cette rentrée.
Un peu moins d’exigence.
Un peu plus d’écoute.
Un peu moins de :
« Tu es grand maintenant. »
Et un peu plus de :
« Je vois que c’est difficile pour toi. Je suis là. »
Parce qu’apprendre à se séparer est aussi un apprentissage.
Et comme tous les apprentissages…
cela demande du temps, de la répétition et de la sécurité.
Et si votre enfant avait besoin d’un petit coup de pouce pour traverser cette étape ?
Si la rentrée est particulièrement difficile pour votre enfant, s’il pleure beaucoup au moment de la séparation, si son comportement a changé depuis son entrée à l’école ou si vous sentez qu’une expérience passée semble encore peser dans sa manière de vivre les séparations, il peut être intéressant de prendre le temps de regarder ce qui se joue.
Lors des consultations psychocorporelles pour enfants, je propose un espace où l’on peut écouter le corps, accueillir les émotions et rechercher ensemble des outils adaptés à l’enfant et à son histoire.
L’objectif n’est pas de faire disparaître une émotion.
Mais de permettre à l’enfant de développer progressivement les ressources nécessaires pour la traverser.
Parce qu’avant de pouvoir gérer seul ses émotions, un enfant a d’abord besoin de pouvoir compter sur la sécurité d’un adulte.
Et parfois, lui offrir cet espace d’écoute est déjà une première façon de l’aider à grandir.
Votre enfant vit difficilement la séparation ou la rentrée scolaire ?
Je vous accueille en consultation psychocorporelle pour enfants à Riedwihr, près de Colmar, dans le secteur de Porte du Ried.
Ensemble, nous pouvons prendre le temps de comprendre ce qui se joue et d’expérimenter, avec douceur, des outils psychocorporels adaptés à votre enfant.
→ Prendre rendez-vous / Me contacter :
Jeanne Quentin — Thérapeute psychocorporelle | Colmar & Bâle
L’accompagnement psychocorporel ne se substitue pas à un suivi médical ou psychologique lorsque celui-ci est nécessaire. En cas de difficulté importante, de symptôme inhabituel ou de question concernant le développement de votre enfant, il est important de consulter le professionnel de santé approprié.
