Revenir en arrière pour mieux avancer.
Cette phrase peut sembler paradoxale.
Pourquoi retourner dans le passé alors que nous cherchons justement à construire notre avenir ?
Pourquoi revisiter une période douloureuse alors que nous avons parfois passé des années à essayer de l’oublier ?
Et surtout…
Est-ce que cela signifie qu’il faut réveiller de vieux souvenirs, rouvrir des blessures et revivre ce qui nous a fait souffrir ?
Non.
Ce n’est pas l’objectif d’une régression telle que je la propose.
Au contraire.
L’idée est de revenir avec douceur auprès d’une partie de soi qui est peut-être encore restée figée dans une ancienne expérience.
Qu’est-ce qu’une régression ?
Le mot peut faire un peu peur.
« Régression ».
On pourrait imaginer qu’il s’agit de retourner complètement dans le passé, de revivre un événement comme s’il était en train de se produire ou de chercher absolument à retrouver des souvenirs oubliés.
Ce n’est pas ainsi que je l’envisage.
Dans ma pratique, la régression est avant tout une expérience guidée d’exploration intérieure, qui permet de revisiter une situation, une période ou une émotion qui semble encore avoir une résonance dans notre vie actuelle.
Nous ne cherchons pas à réécrire l’histoire.
Le passé est le passé.
Ce qui s’est produit ne peut pas être changé.
Mais notre manière de vivre aujourd’hui avec ce souvenir, avec les émotions qui lui sont associées et avec ce que notre corps en a conservé comme inconfort peut, elle, évoluer.
Et c’est précisément là que la régression peut devenir intéressante.
Et si le problème n’était pas le souvenir… mais ce qu’il provoque encore aujourd’hui ?
Il y a des événements dont nous nous souvenons parfaitement.
Et puis il y en a d’autres dont nous ne parlons plus depuis longtemps.
Parfois parce que nous avons avancé.
Parfois parce que nous avons appris à faire avec.
Parfois aussi parce que nous avons simplement rangé tout cela dans une petite boîte intérieure en nous disant :
« C’est terminé maintenant. »
Et pourtant…
Une situation actuelle peut parfois faire réapparaître une émotion étonnamment familière.
Une peur.
Une sensation de blocage.
Une tension.
Une difficulté à dire ce que l’on ressent.
Une réaction qui nous semble disproportionnée.
Un « oui » alors que tout notre corps voudrait dire « non ».
Un besoin permanent de contrôler.
Ou cette étrange impression :
« Je sais que cette histoire est terminée, mais quelque chose en moi n’est pas passé à autre chose. »
Le corps n’oublie pas toujours comme le mental aimerait le faire
Notre vécu ne se résume pas à ce dont nous pouvons nous souvenir consciemment.
Une expérience émotionnelle implique aussi des sensations corporelles, des réactions, des habitudes de protection et des associations qui peuvent continuer à influencer notre manière de réagir.
Les recherches sur la mémoire montrent d’ailleurs qu’un souvenir réactivé n’est pas nécessairement totalement figé : dans certaines conditions, les processus de reconsolidation peuvent permettre qu’il soit ensuite mis à jour avec de nouvelles informations ou de nouvelles expériences émotionnelles. Les mécanismes précis restent cependant complexes et ne permettent pas de dire qu’une simple régression « efface » ou transforme automatiquement un souvenir.
C’est une nuance importante.
Nous ne cherchons pas à supprimer le passé.
Nous cherchons plutôt à permettre qu’une expérience ancienne puisse être vécue autrement aujourd’hui.
Revenir dans le passé… pour progresser
Et si nous arrêtions de voir le passé comme quelque chose qu’il faudrait absolument laisser derrière nous ?
Et si, parfois, il avait simplement besoin d’être regardé différemment ?
Imaginez une partie de vous qui serait restée dans une ancienne situation.
Une version plus jeune.
Une version qui avait moins de ressources.
Moins de recul.
Moins de possibilités de comprendre ce qui lui arrivait.
Peut-être qu’à cette époque, elle a eu peur.
Peut-être qu’elle s’est sentie seule.
Peut-être qu’elle n’a pas pu dire ce qu’elle aurait voulu dire.
Peut-être qu’elle a dû être forte.
Peut-être qu’elle a simplement fait ce qu’elle pouvait pour traverser ce moment.
Et si, aujourd’hui, vous pouviez retourner auprès d’elle ?
Pas pour lui dire qu’elle aurait dû faire autrement.
Pas pour changer ce qui s’est passé.
Mais simplement pour lui prendre la main.
Et si vous pouviez enfin lui dire : « Je suis là » ?
C’est peut-être l’une des dimensions les plus importantes de la régression.
Nous avons parfois tendance à regarder notre passé avec nos yeux d’adulte.
Avec nos connaissances d’aujourd’hui.
Avec nos ressources actuelles.
Et nous pouvons alors nous demander :
« Pourquoi je n’ai pas réagi autrement ? »
« Pourquoi je n’ai rien dit ? »
« Pourquoi ai-je accepté cela ? »
« Pourquoi ai-je eu si peur ? »
Mais cette version de nous faisait probablement du mieux qu’elle pouvait avec les ressources dont elle disposait à ce moment-là.
Alors plutôt que de lui demander de recommencer l’histoire…
Et si nous allions simplement lui apporter ce qui lui manquait peut-être à ce moment-là ?
De la sécurité.
De la douceur.
Une présence.
Une écoute.
Une possibilité de laisser sortir les émotions.
Et peut-être même…
une nouvelle fin.
Écrire une suite différente ne signifie pas falsifier l’histoire
C’est là que la dimension imaginative prend toute sa place.
Lors d’une régression, nous pouvons laisser émerger des images, des sensations, des paroles ou des scénarios.
Nous ne sommes pas en train de fabriquer un nouveau souvenir factuel.
Nous sommes dans un espace imaginaire et symbolique, dans lequel il devient possible d’expérimenter une autre manière de vivre une situation.
Comme dans un rêve éveillé.
Comme dans certaines pratiques méditatives.
Une nouvelle possibilité peut alors apparaître.
Une version de soi qui ose parler.
Qui se protège.
Qui reçoit du soutien.
Qui quitte une situation.
Qui dit non.
Qui pleure enfin.
Qui demande de l’aide.
Ou simplement…
qui n’est plus seule.
Cette nouvelle expérience émotionnelle peut alors devenir un point d’appui pour notre présent.
Comment se déroule concrètement une régression ?
Avant toute chose, nous prenons le temps de faire connaissance avec ce qui vous amène.
Pourquoi cette régression aujourd’hui ?
Qu’est-ce qui vous questionne ?
Y a-t-il une situation particulière qui revient régulièrement ?
Une émotion ?
Une période de votre vie ?
Un inconfort corporel ?
Un blocage que vous avez du mal à comprendre ?
Ce temps d’échange est important.
Nous ne partons pas à l’aventure dans votre passé sans savoir pourquoi.
Puis vient le temps de l’installation.
Vous vous allongez confortablement sur le canapé.
Le corps peut progressivement se détendre.
La respiration devient plus calme.
Le mental peut ralentir son activité habituelle.
Et ma voix vous accompagne.
Un état modifié de conscience, entre relaxation et imaginaire
L’objectif est de vous amener progressivement vers un état de relaxation profonde et d’attention intérieure, proche par certains aspects de ce que l’on peut expérimenter dans une pratique méditative ou une visualisation guidée.
Dans certains états méditatifs et de relaxation, des modifications de l’activité électrique cérébrale, notamment au niveau des oscillations alpha, ont été observées.
Et dans cet état…
le mental laisse progressivement davantage de place à l’imaginaire.
C’est un peu comme si nous changions de canal.
Nous ne sommes plus uniquement dans l’analyse.
Nous pouvons ressentir.
Observer.
Imaginer.
Laisser venir.
Est-ce de l’hypnose ?
La question revient souvent.
La régression peut partager certains éléments avec l’hypnose ou la visualisation guidée, notamment le fait d’utiliser la voix, la relaxation et l’imaginaire.
Mais dans la manière dont je la propose, vous restez pleinement acteur de l’expérience.
Je ne vous raconte pas une histoire à laquelle vous devez vous conformer.
Je vous accompagne.
Je peux vous poser des questions.
Vous proposer une direction lorsque vous ne savez plus comment poursuivre.
Vous aider à rester en contact avec vos sensations.
Mais c’est votre imaginaire qui construit la suite.
Vous êtes acteur de votre scénario.
Et parfois, c’est justement cette liberté qui permet à quelque chose de nouveau d’émerger.
Et si vous pouviez donner à votre histoire une suite moins souffrante ?
Imaginons que vous reveniez dans une situation ancienne.
Vous observez cette version plus jeune de vous.
Vous ressentez peut-être sa peur.
Sa colère.
Sa tristesse.
Son impuissance.
Et cette fois…
Vous n’êtes plus la même personne.
Vous avez grandi.
Vous avez appris.
Vous avez traversé d’autres expériences.
Vous avez aujourd’hui des ressources que vous n’aviez pas à l’époque.
Alors vous pouvez peut-être vous approcher.
Vous pouvez peut-être lui parler.
L’écouter.
La rassurer.
La protéger.
Lui permettre de pleurer.
Lui permettre de dire ce qu’elle n’avait pas pu dire.
Et progressivement, quelque chose peut s’apaiser.
Nous ne cherchons pas à effacer la douleur
C’est un point essentiel.
Une régression ne consiste pas à faire disparaître un événement de votre histoire.
Et elle ne garantit pas non plus qu’un souvenir douloureux cessera définitivement d’avoir une quelconque charge émotionnelle après une seule séance.
Certaines personnes ressentent un apaisement important dès une première expérience.
D’autres ont besoin de plusieurs étapes.
Lorsqu’un vécu a été particulièrement intense, il peut être nécessaire de revenir progressivement sur certains éléments, sans chercher à tout ouvrir en une seule fois.
La douceur reste prioritaire.
Il ne s’agit jamais de forcer une émotion à sortir.
Après la régression : le temps de revenir
Une fois le travail terminé, nous ne nous levons pas simplement du canapé pour retourner immédiatement à notre quotidien.
Nous prenons le temps d’atterrir.
De ressentir à nouveau le corps.
De retrouver progressivement l’environnement.
De respirer.
De bouger.
De revenir ici et maintenant.
Ce temps permet de laisser l’expérience se déposer.
Certaines personnes ont envie de parler immédiatement.
Parce qu’une image était particulièrement forte.
Parce qu’une symbolique les a surprises.
Parce qu’elles comprennent soudainement quelque chose.
D’autres ressentent simplement le besoin de rester tranquilles.
Et c’est très bien aussi.
Il n’est pas toujours nécessaire de tout analyser.
Parfois, il est intéressant de laisser le travail « infuser ».
Laisser le corps découvrir une nouvelle expérience
J’aime l’idée que le corps puisse lui aussi avoir besoin de temps.
Lorsque nous avons vécu longtemps avec une tension, une vigilance ou une réaction automatique, nous pouvons avoir besoin d’expérimenter plusieurs fois une autre manière d’être.
Dans mon approche, je parle parfois de « mémoire cellulaire » pour évoquer cette sensation d’une nouvelle expérience qui s’inscrit profondément dans le vécu corporel.
Il ne s’agit pas ici d’affirmer qu’une émotion serait stockée dans les cellules comme un souvenir au sens biologique du terme.
Je parle plutôt de cette impression très concrète que nous pouvons ressentir lorsqu’une expérience nouvelle devient progressivement familière :
« Je peux maintenant vivre cette situation autrement. »
Les travaux sur la reconsolidation de la mémoire donnent d’ailleurs un cadre scientifique intéressant à l’idée générale qu’une mémoire réactivée puisse, dans certaines conditions, être mise à jour par une nouvelle expérience émotionnelle.
Une régression suffit-elle ?
Parfois, oui.
Une séance peut permettre de débloquer quelque chose qui attendait simplement d’être regardé autrement.
Une émotion peut enfin circuler.
Une compréhension peut émerger.
Une sensation de soulagement peut apparaître.
Et parfois, cela suffit.
Mais pas toujours.
Lorsqu’un vécu est particulièrement intense, il peut être préférable de revenir plusieurs fois sur certains éléments.
Pas pour s’y enfermer.
Au contraire.
Pour avancer par petites étapes, au rythme auquel le corps et la personne sont prêts.
Il peut aussi arriver qu’une première régression fasse émerger une nouvelle compréhension et que quelques ajustements soient nécessaires ensuite.
Chaque histoire est différente.
Et si nous faisions aussi un saut dans le futur ?
Vous allez peut-être me dire :
« D’accord pour le passé… mais est-ce qu’on peut aussi aller voir le futur ? »
Oui.
Dans certaines situations, l’imaginaire peut également être utilisé pour se projeter dans une situation à venir.
Une décision importante.
Un changement de vie.
Une nouvelle étape.
Un projet qui fait peur.
Un passage vers l’inconnu.
L’idée n’est évidemment pas de prédire ce qui va réellement se produire.
Nous ne faisons pas de voyage dans le temps.
Nous utilisons plutôt notre capacité d’imagination pour explorer différents scénarios et ressentir comment nous pourrions nous y présenter.
Cela peut permettre de rassurer certaines parts de nous-mêmes.
De rencontrer symboliquement une version future de soi.
D’identifier ce qui nous sécurise.
Et parfois de retrouver davantage de confiance face au changement.
Mais avant de construire l’étage… regardons les fondations
Cette image me parle beaucoup.
Imaginez une maison.
Vous souhaitez ajouter un nouvel étage.
Vous avez plein d’idées.
Vous avez envie d’avancer.
Vous choisissez les matériaux.
Vous imaginez déjà la vue depuis la nouvelle pièce.
Mais avez-vous vérifié les fondations ?
Peut-on réellement construire quelque chose de nouveau sans regarder ce qui soutient déjà la maison ?
C’est un peu la même chose avec nous.
Nous pouvons vouloir nous projeter dans l’avenir.
Changer de travail.
Commencer une nouvelle relation.
Prendre une grande décision.
Oser davantage.
Nous libérer.
Mais parfois, une partie de nous reste encore accrochée à une ancienne histoire.
Et tant que cette partie n’a pas retrouvé suffisamment de sécurité…
elle peut continuer à appuyer sur le frein.
C’est pourquoi, lorsque cela est possible et pertinent, je trouve intéressant de commencer par regarder ce qui demande encore à être apaisé dans le passé avant de chercher à construire la suite.
Revenir en arrière pour ne plus y rester
C’est probablement cela qui résume le mieux ma vision de la régression.
Nous ne retournons pas dans le passé pour y vivre.
Nous y retournons pour rencontrer une partie de nous qui y est peut-être encore restée bloquée.
Nous ne cherchons pas à réécrire l’histoire.
Nous cherchons à changer la manière dont cette histoire continue de vivre en nous.
Nous ne cherchons pas à effacer les émotions.
Nous leur permettons d’exister, d’être entendues et, lorsque cela est possible, de s’apaiser.
Nous ne cherchons pas à devenir quelqu’un d’autre.
Nous allons simplement reprendre par la main une version de nous qui avait peut-être besoin d’un peu plus de douceur.
Et si cette part de vous était enfin prête ?
Peut-être avez-vous aujourd’hui une situation qui vous fait penser :
« Je ne comprends pas pourquoi je réagis encore comme ça. »
« Je sais que c’est terminé, mais quelque chose reste bloqué. »
« J’aimerais réussir à tourner la page, mais je n’y arrive pas. »
« Je sens que quelque chose en moi demande à être apaisé. »
« J’aurais aimé pouvoir libérer cette émotion plus tôt. »
Alors peut-être que le moment est venu de vous offrir un espace différent.
Un espace où il n’est pas nécessaire de tout comprendre avec le mental.
Un espace où le corps peut se détendre.
Où l’imaginaire peut prendre sa place.
Où une ancienne version de vous peut enfin être entendue.
Et si revenir en arrière était, cette fois, une manière d’avancer ?
Vous souhaitez expérimenter une régression ?
Je propose des séances de régression et d’accompagnement psychocorporel à Riedwihr, près de Colmar, dans un cadre doux, sécurisant et respectueux de votre rythme.
Nous prenons le temps d’échanger avant la séance afin de comprendre ce que vous souhaitez travailler et de vérifier que cette approche correspond à votre situation.
La régression n’a pas vocation à remplacer un accompagnement médical ou psychologique lorsque celui-ci est nécessaire. Lorsqu’un vécu traumatique ou une souffrance psychique importante est présente, un accompagnement par un professionnel de santé mentale formé à ces problématiques peut être particulièrement indiqué.
→ Prendre rendez-vous / Me contacter :
Jeanne Quentin — Thérapeute psychocorporelle | Colmar & Bâle
Et si vous n’étiez pas obligé de changer votre passé… mais que vous pouviez simplement changer la douceur avec laquelle vous le regardez aujourd’hui ?
